Paillis et arrosages estivaux en région méditerranéenne

L’été en région Occitanie, et plus généralement sous climat méditerranéen, est connu pour être particulièrement sec et chaud. Les moyennes de pluviométrie en Juillet sont de 25mm (25l par m2) et 42mm en Août avec des orages plus fréquents. En 2017, le déficit par rapport à ces moyennes climatiques était important.  Conséquences: de nombreuses semaines sans une goutte d’eau.

Dans ces conditions comment se comporte le sol sous un paillis de matière organique ?

En fonction de sa nature et de son épaisseur, ce paillis va progressivement s’assécher. Le vent accélère beaucoup ce processus. En quelques jours, au mieux, le taux d’humidité du sol chute fortement. Pour ne pas que les cultures en souffrent, il est nécessaire d’arroser. Un arrosage sur le paillis pose problème car l’eau tarde à s’infiltrer dans le sol et se trouve bloquée par la matière organique qui l’absorbe comme une éponge. C’est un effet indésirable du paillage : arroser moins souvent mais plus abondamment.

Pour pallier au problème, il faudrait injecter l’eau directement où les plantes la capte : au niveau des racines. Les oyats, ces jarres ou pots en terre cuite, dont l’usage remonte à l’antiquité (les vestiges les plus anciens sont situées en Chine et datent de 4000 ans ) sont une solution idéale. Il semblerait que Paillis organique permacultureleur utilisation combinée à un paillis permette de réduire jusqu’à 80% le volume d’eau nécessaire.

Une entreprise (basée dans l’Hérault à Saint Jean de Fos) fabrique et commercialise des oyats traditionnels en terre cuite ( http://www.oyas-environnement.com ).

Une alternative économique à ces produits est d’utiliser des bouteilles plastiques dont le fond est micro-percé (quelques trous d’aiguilles) afin de diffuser l’eau lentement au contact direct des racines. Pour une surface de culture importante, les bouteilles peuvent être reliés à un tuyau d’arrosage automatique temporisé. Les premiers tests oya en terre cuiteque j’ai mené montrent que l’eau se diffuse assez rapidement dans le sol, même avec des trous très fins. En prenant soin de bien fermer le bouchon ou d’étanchéifier la liaison tuyau/bouchon de la bouteille, cette astuce permet néanmoins de recycler des bouteilles d’eau ou de lait et de faire des économies d’eau importante même si les oyats traditionnelles restent plus performantes.

Sur Wikipédia on trouve une méthode alternative concernant les oyats : « la méthode de la ficelle ». Si la jarre ou le contenant est peu ou pas poreux, un petit trou est percé par lequel on bloque une ficelle par un nœud à l’intérieur de la jarre. Ce fil  est ensuite enterrée à proximité des plants à irriguer. L’eau va migrer dans la ficelle par capillarité et humidifier un volume de terre. Cette technique est transposable avec une bouteille plastique à condition de bien étanchéifier la sortie de la ficelle du récipient. Oyat méthode par la ficelle irrigation permaculture

En permaculture, il semblerait que l’un des fondateurs de la permaculture, Bill Mollison, ait qualifié le système d’oyat comme étant « le meilleur système d’irrigation au monde », dans ses vidéos The Global Gardener. Des acteurs de référence de la permaculture, comme la ferme The Urban Homestead aux États-Unis, promeuvent ainsi les jarres d’irrigation depuis de nombreuses années.

Quelques documents :

Vidéo de TF1 (une fois n’est pas coutume) :

Données climatologique de la région de Béziers et Montpellier :

Comparatif d’autonomie de l’humidité du sol : arrosage en surface et oyat
consommation eau oyat

 

2018-02-15T14:28:34+00:00